English translation below

Plus de fleurs mais d’étranges signes
Gesticulant dans les nuits bleues
Dans une adoration suprême mon beau ptit Lou que
tout mon être pareil aux nuages bas de juillet
s’incline devant ton souvenir
Il est là comme une tête de plâtre blanche,
éperdument auprès d’un anneau d’or
Dans le fond s’éloignent les voeux qui se retournent quelquefois
Entends jouer cette musique toujours pareille tout le jour
Ma solitude splénétique qu’éclaire seul le lointain
Et puissant projecteur de mon Amour
J’entends la grave voix de la grosse artillerie boche
Devant moi dans la direction des boyaux
Il y a un cimetière où l’on a semé quarante-six mille soldats
Quelles semailles dont il faut sans peur attendre la moisson !
C’est devant ce site désolé s’il en fut
Que tandis que j’écris ma lettre appuyant mon
papier sur une plaque de fibro ciment
Je regarde aussi un portrait en grand chapeau
Et quelques-uns de mes compagnons
ont vu ton portrait
Et pensant bien que je te connaissais
Ils ont demandé :
« Qui donc est-elle ? »
Et je n’ai pas su que leur répondr
Car je me suis aperçu brusquement
Qu’encore aujourd’hui je ne te connais pas bien
Et toi dans ta photo profonde comme la lumière
tu souris toujours.

 

Hill 146

Translation by Stephen Romer

No flowers left but strange signs
gesturing down the blue nights
in my prolonged adoration Lou
my whole being bows down
with the low clouds of July
before your memory

It is a white plaster head buried
helplessly next a golden ring
and our promises are remoter echoes
they sound sometimes strangely

There is a permanent white noise
my caustic solitude is lit up only
by the great searchlight my love
I can hear the bass voice of Big Bertha

And down by the trenches
in front of me a cemetery
has been sown
with forty-six-thousand soldiers
after such sowings we must
wait with serenity for harvest

If ever there were desolation
it is here where I write my letter
leaning on a slab of asbestos
I keep looking at your portrait
the one with the wide hat

Some of my comrades have seen your photo
and assuming that I know you
they ask who is she
and I can’t quite think what to say
seeing as even now I hardly know you

Which pierces me
and deep inside the photograph
you are smiling still like light

This translation by Stephen Romer first appeared in Modern Poetry in Translation, Series 3 No. 7 http://www.mptmagazine.com/poem/cte-146-372/ Reproduced by kind permission of Stephen Romer and Modern Poetry in Translation